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Puisqu'aucune représentation de l'homme n’existe, nous donnons à voir cette peinture à l'huile de la destruction de l'Église Saint Barthélémy dans laquelle Roullé a officié, par Pierre-Antoine Demachy en 1791

Éléments biographiquesModifier

Pierre Roullé était curé de Saint Barthélemy et appartenait à la compagnie du Saint Sacrement. Il est surtout connu pour avoir écrit une lettre destinée au roi Louis XIV dans laquelle il critique violemment la représentation de la pièce Tartuffe de Molière. Il demande au roi d'interdire sa représentation,en expliquant que l'auteur ne respecte pas la Religion et par conséquent le Roi lui-même, qui tient son pouvoir de Dieu.

Les arguments convainquent le Roi et Tartuffe est interdit de représentation. Mais, Pierre Roullé est considéré comme un faux dévot par Molière qui a été contraint de refaire sa pièce en supprimant tout ce qui pourrait être offensant pour la religion, donnant naissance à "Tartuffe ou L'imposteur". Voici un extrait du pamphlet présenté au roi où il parle de Molière :

«

Un homme, ou plutôt un démon vêtu de chair et habillé en homme, et le plus signalé impie et libertin qui fut jamais dans les siècles passés, avait eu assez d’impiété et d’abomination pour faire sortir de son esprit diabolique une pièce toute prête d’être rendue publique en la faisant exécuter sur le théâtre, à la dérision de toute l’Église, et au mépris du caractère le plus sacré et de la fonction la plus divine, et au mépris de ce qu’il y a de plus saint dans l’Église, ordonnée du Sauveur pour la sanctification des âmes, à dessein d’en rendre l’usage ridicule, contemptible, odieux.

Il méritait, par cet attentat sacrilège et impie, un dernier supplice exemplaire et public, et le feu même avant-coureur de celui de l’Enfer, pour expier un crime si grief de lèse-Majesté divine, qui va à ruiner la religion catholique, en blâmant et jouant sa plus religieuse et sainte pratique, qui est la conduite et direction des âmes et des familles par de sages guides et conducteurs pieux. Mais Sa Majesté, après lui avoir fait un sévère reproche, animée d’une forte colère, par un trait de sa clémence ordinaire, en laquelle il imite la douceur essentielle à Dieu, lui a, par abolition, remis son insolence et pardonné sa hardiesse démoniaque, pour lui donner le temps d’en faire pénitence publique et solennelle toute sa vie.

Et, afin d’arrêter, avec succès, la vue et le débit de sa production impie et irréligieuse, et de sa poésie licencieuse et libertine, elle lui a ordonné sur peine de la vie, d’en supprimer et déchirer, étouffer et brûler tout ce qui en était fait, et de ne plus rien faire à l’avenir de si indigne et infamant, ni rien produire au jour de si injurieux à Dieu, et outrageant à l’Église, la religion, les sacrements, et les officiers les plus nécessaires au salut ; lui déclarant publiquement et à toute la terre, qu’on ne saurait rien faire, ni dire, qui lui soit plus désagréable et odieux, et qui le touche le plus au cœur que ce qui fait atteinte à l’honneur de Dieu, au respect de l’Eglise, au bien de la religion, à la révérence düe aux sacrements, qui sont les canaux de la grâce que Jésus-Christ a méritée aux hommes par sa mort en la croix, à la faveur desquels elle est transfuse et répandue dans les âmes des fidèles qui sont saintement dirigés et conduits.

Sa Majesté pouvait-elle mieux faire contre l’impiété et cet impie que de lui témoigner un zèle si sage et si pieux, et une exécration d’un crime si infernal ? Elle n’a pas moins de haine pour l’hérésie ni d’aversion pour l’erreur, que pour ces vices exécrables, et ces crimes griefs, d’autant plus odieux à Dieu, qu’ils détruisent la vérité, comme ils diffament la beauté de la religion[1].

»

Dans la notice de la réédition de 1667, M. Paul Lacroix dit que l'édition fut mise au pilon avec tant de soin que seul l'exemplaire du roi semble avoir échappé à la destruction totale. Il ajoute : « Nous n'attribuerons pas seulement au placet de Molière au roi l'ordre de police qui fit anéantir toute l'édition de ce pamphlet. Le curé de Saint-Barthélemy, en attaquant Molière, avait eu l'imprudence d'attaquer avec non moins de violence le maréchal de Turenne. On peut être sûr que le maréchal de France eut encore plus de crédit que le comédien pour obtenir la suppression du libelle. »

Œuvres[2]Modifier

  • 1643 : Triomphe de la vie, des actions et vertus de Louis le Juste
  • 1664 : Le Dauphin, dédié à Mme la mareschalle de La Mothe-HoudancourtLe Roi glorieux au monde ou Louis XIV, le plus glorieux de tous les rois du monde

SourcesModifier

  1. Pierre Roullé, Le Roi glorieux au monde ou Louis XIV, le plus glorieux de tous les rois du monde, 1664.
  2. Site de la Bibliothèque Nationale de France - Pierre Roullé

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