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Melmoth ou l'Homme errant
Melmoth
AuteurCharles Robert Maturin
OrigineIrlande
Première publication1820
AffiliationGothique
Inspiration mythologiqueBible
GenreRoman
Melmoth ou l'Homme Errant est considéré comme un chef-d'oeuvre de roman gothique. Son écrivain, Charles Maturin ( accessoirement grand oncle d'Oscar Wilde ) est un pasteur, et signe ici un très long roman.

John Melmoth est un jeune homme dont l'oncle est mourrant. Après son décès, il ordonne à son fils de détruire un portrait de son ancêtre dans la cave, John Melmoth, en espérant que celui-ci le tuera ( N'y a-t-il pas là une source d'inspiration évidente au Portrait de Dorian Gray de Wilde ? ). Sur le portrait, on peut voir les yeux brillants et envoûtants de l'homme. Mais, malgré sa destruction, Melmoth entend que son ancêtre est toujours vivant.

Il trouve un manuscrit d'un certain Stanton. Son ancêtre de 1646 ( l'histoire se passe en 1816 ) est toujours vivant ! On apprend que Stanton a consacré une grande partie de sa vie à tenter de le rencontrer. On dit que croiser son regard fait sombrer dans la folie, et les faits démontrent que quiconque entend une musique qui le précède ne peut plus vivre. C'était le cas d'une femme dans un mariage auquel Melmoth s'est invité, c'est aussi le cas de Stanton qui se retrouvera enfermé dans un asile pour folie. Melmoth, qui s'y introduit, tente de le tourmenter, et lui propose un pacte qui, selon Stanton, est si ignoble qu'il ne peut être dit.

Quelques jour plus tard, le dernier Melmoth, terrifié par le récit de Stanton, recueille un naufragé espagnol. Horreur ! C'est à cause de son ancêtre que le bateau a coulé ! L'espagnol lui-même sait beaucoup de choses sur Melmoth, et c'est en lui racontant son histoire qu'il pourra rassembler toutes les pièces. Alonzo Moncada, provenant à l'origine d'une famille noble, a été forcé par ses parents à devenir moine. C'est-à-travers plusieurs pages que l'auteur, protestant, condamnera fermement la religion catholique et la vie monastique. Par la suite, Alonzo est libéré par son frère, Juan, qui se fait tuer par un autre évadé, puis est fait prisonnier à l'Inquisition. Ici, Melmoth le tourmentera tout les soirs, et lui proposera ce pacte qui ne peut être dit.

À l'incendie de l'Inquistion, Alonzo se réfugie dans une famille de juifs forcés à la conversion au catholicisme, décrits comme des nécrophages aux moeurs affreuses par le pasteur qui prend vis-à-vis des autres religions un parti pris de plus en plus grand. Dans une cave étrange, un vieux juif lui donne un manuscrit indien. Celui-ci raconte l'histoire d'une jeune indienne pure, Immalie, et dont Melmoth tombe donc naturellement amoureux. Il se livrera alors pour Immalie à des critiques acerbes de l'Islam et de l'hindouisme que Maturin n'avait pas pu intégrer dans le reste du livre. Une fois que toutes les religions auront été bafouées, Immalie se voudra chrétienne. Mais Melmoth en est tant amoureux qu'il ne pourra se résoudre à lui proposer son pacte, et que la belle Immalie n'entendra pas la musique qui précède le drame.

Après l'histoire de Guzman, personnage de conte secondaire, et de sa famille misérable avec quelques apparitions de Melmoth, on retrouve l'histoire de Melmoth et d'Immalie, qui finissent par se marier. Provoqué par le frère d'Immalie, Melmoth n'a pas d'autre choix que de faire un duel avec lui et de le tuer. l'Inquisition attrape Immalie, enceinte de Melmoth et, pour sortir de l'Inquisition, Melmoth lui propose un pacte si horrible qu'Immalie ne peut le dire.

Une fois ces contes enchevêtrés à la manière d'une poupée russe terminés, l'histoire d'Immalie et du manuscrit est close, Alonzo s'engage comme marin, bien que tourmenté par Melmoth, et fait naufrage chez le descendant de l'homme errant. Une fois la boucle bouclée, c'est Melmoth lui-même qui arrive chez son descendant. En réalité, il a vendu son âme au diable en échange d'un pouvoir éternel pour cent-cinquante ans. Ce même pouvoir touche à sa fin. Melmoth explique que ce qu'il a fait n'est pas mal, mais qu'il voulait simplement échanger sa destinée maudite avec un autre. Il meurt.

Naturellement, transposée dans un contexte actuel, l'idée qu'un pacte avec le diable soit si angoissant, terrifiant et tabou devient ridicule. C'est sans doute ce que voudra démontrer Balzac avec son Melmoth Réconcilié . Comme il le dira lui-même, il est curieux que Melmoth ne soit jamais allé à Paris, où il aurait pourtant trouvé nombre de personnes pour reprendre son pacte...

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